Ex-libris et Polaris

Choix littéraire totalement subjectif, la plupart du temps issu d'une irrésistible poussée vers le cercle polaire... et autres sujets beaucoup plus futiles.

11 mai 2010

Marketing suédois

L'oiseau de mauvais augure. Un roman au titre prédestiné ? Parue chez Actes Sud la semaine passée (cf booklist de mai), la dernière traduction de Camilla Läckberg en France est accompagnée d'un marketing d’un genre nouveau. Comme si le contenu ne suffisait plus en soi depuis le succès de la trilogie de Stieg Larsson, qui a donné naissance à une collection à part entière, Actes Noirs. Le quatrième épisode des aventures d’Erica Falck ajoute à l’écrit tout ce dont le téléphage a toujours rêvé : la téléréalité appliquée au thriller (cliquez sur la flèche de l’extrait radio ci-contre).

On n’est jamais si bien servi que par soi-même : l’auteur qui reconnaît un penchant immodéré pour ce petit écran qu’elle concède regarder même en écrivant ses polars à succès, a ajouté un ingrédient de choix à ses recettes. Camilla Läckberg sait combien ce sont des arguments supplémentaires pour séduire le grand public. Elle connaît forcément leur pouvoir d’attraction puisqu’elle est de ceux que ces destins instrumentalisés par la production télé hypnotisent. Cette popularité savamment travaillée conditionne-t-elle sa création ? La question se pose implicitement avec la sortie de son nouveau polar.

Née en 1974 à deux pas du port de la petite ville de Fjällbacka où se situent ses intrigues (et où a vécu Ingrid Bergman….), cette Suédoise loquace est déjà auteur de huit romans (dont quatre publiés en français chez Actes Sud). Camilla Läckberg, son blog, son site officiel, son album photos, sa page Facebook, son autre page FB, ses discussions avec les internautes… sait se vendre. Dans leur habillage qui surfe sur le succès de Millénium, ses livres arrivent déjà sur le marché français avec ce parfum de succès qui a accompagné Actes Sud ces dernières années. Camilla Läckberg affole les compteurs. La Princesse des glaces a dépassé les 250.000 exemplaires vendus en France. Au total, avec Prédicateur et Le tailleur de pierre, ses trois premiers romans ont dépassé la barre des 700.000 ventes dans l'Hexagone.

« La reine du polaire », selon l’expression de Libération, est aussi la reine des classements. Moins d’une semaine après sa parution en France, L’oiseau de mauvais augure dont le premier tirage a été réglé sur 80.000 exemplaires, débarque déjà en 5e place sur la liste des meilleures ventes Ipsos-Livres hebdo. Ce qui signifie aussi que les livres de Camilla Läckberg sont désormais attendus.

 


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