Ex-libris et Polaris

Choix littéraire totalement subjectif, la plupart du temps issu d'une irrésistible poussée vers le cercle polaire... et autres sujets beaucoup plus futiles.

05 juin 2012

#05 et 06 – 2012 booklist

Un fils spirituel d'Arto Paasilinna qui nous refait le coup du Lapin, le retour (enfin) d'Elling, de la lave noire venue d'Islande... sur le front de l'édition scandinave en France, les mois de mai et juin 2012 sont de belle facture. Le tour des parutions en VF. Suivez le guide.

# Danemark

 

ProfanationProfanation, de Jussi Adler-Olsen. Roman policier, paru le 2 mai 2012, chez Albin Michel (collection thriller). Traduit du danois par Caroline Berg. Titre original : Fasandræberne (2008). 480 pages. 22,90 €. ISBN : 978-2-226-24141-2.

Après le succès de son premier roman traduit en français, Jussi Adler-Olsen revient avec Profanation. C’est reparti pour le tandem atypique et attachant que forment le cynique inspecteur Carl Mørck et son mystérieux assistant syrien, Assad.

Cette fois, sur le bureau de Mørck, le dossier d’un double meurtre impliquant une bande de fils de famille, innocentée par les aveux « spontanés » de l’assassin. En 1987, l'enquête sur le meurtre d'un frère et d'une soeur s'était arrêtée faute de preuves, jusqu'à ce qu'un lycéen s'accuse lui-même sept ans plus tard…

Mais très vite l’inspecteur s’aperçoit que l’affaire, hâtivement bouclée, comportait des zones d’ombre. Il n’en faut pas plus pour que Carl Mørck reprenne l’affaire en mains. Quel rôle ont vraiment joué, il y a vingt ans, trois des hommes les plus puissants du Danemark ? Cercles très fermés des milieux d’affaires, corruption au plus haut niveau, secrets nauséabonds de la grande bourgeoisie... Suspense et regard acerbe sur la société danoise, au menu.

> Bio. Né le 2 août 1950 à Copenhague, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen, est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, à commencer par deux volumes sur Groucho Marx. Le premier de ses cinq polars (Kvinden i buret) date de 2007, mais c’est dès 1997 que son premier roman a été publié (Alfabethuset). Prix Clé de verre du meilleur roman policier scandinave en 2010 pour Flaskepost fra P (Message dans une bouteille, non paru encore en français) l’auteur vient, d’être désigné, en France, Grand prix 2012 des lectrices de Elle dans la catégorie « Policier » pour Miséricorde (paru en octobre 2011), son premier roman traduit en France (Albin Michel). Le titre original (Kvinden i buret) signifie « La femme en cage ».

 

Quand le silence parleQuand le silence parle, roman de Regitze Schrøder. Paru le 23 mai 2012 chez France Empire. 273 pages. 19 €. ISBN : 978-2-704-81145-8.

Quand le silence parle se déroule de nos jours à Paris et à Copenhague, mais l’action est liée à la situation danoise pendant la Deuxième Guerre Mondiale et à la collaboration du  gouvernement avec les Allemands jusqu’en août 1943. Une situation qui amenait les hommes à partir pour le front de l’Est contre les Russes. Tel est le cas d’Andreas.

Le roman dévoile au lecteur des secrets de famille à travers trois femmes de nationalités différentes qui vivent autour d’Andreas.

Clara, la fille d’Andreas, est maintenant une femme d’affaires danoise moderne. La mère de Clara, Lucia, a immigré au Danemark, issue d’une famille polonaise. Elle a rencontré Andreas pendant la guerre et l’a protégé de la Gestapo en le cachant. Sarah a été déportée autrefois. Elle a rencontré Clara qui a habité chez elle étant étudiante en France. Elle a été la maîtresse d’Andreas quand elle l’a rencontré après la guerre.

Le lecteur connaît le passé des trois femmes par de courts retours en arrière. Pourquoi ont-elles fait de tels choix ? Quelles conséquences ceux-ci ont-ils eu sur leur vie ? Comment être une femme de nos jours au Danemark – mais aussi comment être une femme pendant la deuxième guerre mondiale ?

C’est un roman sur le besoin d’amour, le cheminement de chacune pour découvrir et comprendre qui elle est, et sur l’importance de la sensualité des femmes – y compris celle de la femme d’âge mûr. Comment satisfaire tout à la fois le besoin de reconnaissance professionnelle, l’envie de rester désirable et de vivre pleinement sa sexualité ? Est-il possible de faire le bon choix, d’être fidèle à soi-même, tant que l’on n’a pas réellement compris qui on est ?

> Bio. Regitze Schrøder est une journaliste danoise. Après des études en France, elle a soutenu une thèse sur La problématique de l’identité dans les romans de Simone de Beauvoir. Attachée de presse dans différentes entreprises privées à Copenhague, elle a travaillé pour la cause des femmes : elle a représenté toutes les Associations des femmes d’affaires au Danemark au Conseil des femmes et celles-ci à l’assemblée de l’ONU à New York.

 

 

# Finlande

Femme de neigeFemme de neige, de Leena Lehtolainen, chez Gaïa (collection polars). Roman traduit du finnois par Anne Colin du Terrail. Titre original : Luminainen. Paru le 2 mai 2012. 304 pages. 22 €.             ISBN: 978-2-84720-229-8.

Au lendemain de Noël, le corps d’Elina Rosberg est retrouvé dans la neige, le visage couvert de givre. Accident ? Meurtre ? Sur la liste des suspects, figurent les femmes présentes au moment du drame, telle cette jeune mère de neuf enfants issue d’une secte religieuse, ou encore une stripteaseuse des quartiers chauds de Helsinki. Un poète en vogue que fréquentait Elina Rosberg fait aussi partie des suspects. Son alibi est court comme un haïku japonais.

C’est la quatrième enquête de la rouquine Maria Kallio. Pour l’inspectrice, cette affaire débute le jour de son mariage. Juste le temps d’échanger un « oui » maladroit avec son compagnon. Malgré une curieuse fatigue et quelques nausées, elle se jette dans l’enquête. La tension monte, des menaces pèsent sur elle, mais Maria ne se laisse pas désarçonner et file avec détermination d’un interrogatoire à l’autre, en passant par la morgue…

> Bio. Née le 11 mars 1964 à Vesanto (Finlande orientale), Leena Lehtolainen a publié son premier roman jeunesse dès l’âge de 12 ans, et le suivant, à 17 ans. Cette passionnée de musique, qui pratique le chant, la guitare et le piano,  a écrit une vingtaine de romans, dont onze avec l’inspectrice Maria Kallio, depuis que sa petite bavarde de rouquine a vu le jour dans Mon premier meurtre en 1993. Femme de neige est son quatrième roman traduit chez Gaïa.

 

Les tribulations d'un lapin en LaponieLes tribulations d’un lapin en Laponie, de Tuomas Kyrö. Roman paru chez Denoël (collection Denoël & d’Ailleurs), le 7 mai 2012. Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail. Titre original : Kerjäläinen ja jänis. 336 pages - 19,50 €. ISBN : 978-2-207-11235-9.

Tumas Kyrö est-il le fils spirituel d’Arto Paasilinna ? Les tribulations d'un lapin en Laponie, roman en forme d'hommage au Lièvre de Vatanen, montre en tout cas qu’il partage avec Paasilinna l'humour, le sens de l'épopée et l'art de croquer avec tendresse les loufoqueries de ses contemporains.

L’histoire : Vatanescu quitte sa Roumanie natale pour mendier en Finlande. Mais les affaires tournent vite au vinaigre.

Des chaussures de foot à crampons : c'est afin de pouvoir en offrir à son fils Miklos que Vatanescu a quitté sa Roumanie natale pour mendier sur les trottoirs de Helsinki, sous l'impitoyable férule d'un trafiquant russe, Iegor Kugar. Contraint de fuir, Vatanescu, sans papiers, est pourchassé par la mafia et par la police. Ce Candide contemporain entame alors un long périple qui va le mener jusqu'en Laponie, en compagnie d'un lapin dont il a sauvé la vie dans un jardin public. Leur épopée sera jalonnée de rencontres et de personnages hauts en couleur. Les péripéties du héros et de son lapin, plus burlesques les unes que les autres, laisseront à Vatanescu le loisir d'étudier les us, coutumes et travers des Finlandais en particulier et des pays développés en général.

>Bio. Né le 4 juin 1974 à Helsinki (Finlande), Tuomas Kyrö est un écrivain et caricaturiste. Ce touche-à-tout le plus talentueux de la jeune génération finlandaise a obtenu le prix Kalevi Jäntti des jeunes auteurs, en 2005, avec Liitto (« Association »). Tuomas Kyrö est un conteur qui manie l’ironie excelle aussi dans la caricature et la BD. Auteur de huit romans, Les tribulations d’un lapin en Laponie est son premier ouvrage traduit en français.

 

# Islande

 

La muraille de laveLa muraille de lave, d’Arnaldur Indridason, chez Métailié (Noir). Titre original : Svörtuloft. Roman policier traduit de l’islandais par Éric Boury. 350 pages. 19,50 €. ISBN : 978-2-86424-872-9.

L’Islande n’est pas sortie indemne de la crise mondiale financière. Le dixième des douze romans écrits par le père du commissaire Erlendur (huitième traduit en français)  est bien dans l’air du temps.

La Muraille de lave à laquelle fait allusion le titre est une falaise de basalte au pied de laquelle un tourbillon violent engloutit toutes les embarcations qui s’approchent. C’est aussi le surnom qui a été donné au siège social d’une grande banque, à l’architecture sombre et aux pratiques discutables.

Le commissaire Erlendur est parti en vacances sur les lieux de son enfance et il a disparu, mais son équipe continue à travailler. Tandis que Elinborg, la fine cuisinière, s’occupe d’une affaire de viol (La Rivière noire), Sigurdur Oli, le moderne formé aux États-Unis, reconnaît par hasard dans la rue l’un des témoins de l’affaire de pédophilie en partie résolue dans La Voix. Ce même jour, un ami lui demande d’aider un couple de cadres qui, pratiquant l’échangisme, fait l’objet d’un chantage. Troublé par ses problèmes de nouveau divorcé, Sigurdur Oli va cependant aller jusqu’au bout d’une histoire qui lui révèle la cupidité qui s’est emparée de la société islandaise avec l’expansion mondiale des modèles financiers.

> Bio. Né à Reykjavík (Islande), le 28 janvier 1961, journaliste et critique de cinéma, Arnaldur Indridason est l’auteur de quinze romans, dont douze composant la série du commissaire Erlendur Sveinsson. Deux de ses romans ont été récompensés du prestigieux prix littéraire scandinave, le prix Clé de Verre (Glasnyckeln) qu’il est le seul Islandais à avoir remporté : La Cité des jarres (2002) et La Femme en vert (2003).

 

Paru en poche

La rivière noireLa rivière noire, d’Arnaldur Indridason. Paru le 18 mai 2012 au Point. Traduit de l’islandais par Éric Boury. Titre original : Myrká. 360 pages. 7,30 €.  ISBN : 978-2-757-82829-8. Paru initialement chez Métailié, en 2011.

Le sang a séché sur le parquet, le tapis est maculé. Égorgé, Runolfur porte le t-shirt de la femme qu’il a probablement droguée et violée avant de mourir. Sa dernière victime serait-elle son assassin ? Pas de lutte, pas d’arme. Seul un châle parfumé aux épices gît sur le lit. L’inspectrice Elinborg enquête sur cet employé modèle qui fréquentait salles de sport et bars… pour leur clientèle féminine.

Dans un appartement à proximité du centre-ville, un jeune homme gît, mort, dans un bain de sang. Pas le moindre signe d’effraction ou de lutte, aucune arme du crime, rien que cette entaille en travers de la gorge de la victime, entaille que le légiste qualifie de douce, presque féminine. Dans la poche de sa veste, des cachets de Rohypnol, la drogue du viol… Il semblerait que Runolfur ait agressé une femme et que celle-ci se soit ensuite vengée.

Un châle pourpre trouvé sous le lit dégage un parfum puissant et inhabituel d’épices, qui va mettre Elinborg, l’adjointe d’Erlendur et cuisinière émérite, sur la piste d’une jeune femme. Mais celle-ci ne se souvient de rien, et bien qu’elle soit persuadée d’avoir commis ce meurtre rien ne permet vraiment de le prouver. Des indices orientent les inspecteurs vers d’autres sévices soigneusement tenus secrets.

En l’absence du commissaire Erlendur, parti en vacances, toute l’équipe va s’employer à comprendre le fonctionnement de la violence sexuelle, de la souffrance devant des injustices qui ne seront jamais entièrement réparées, et découvrir la rivière noire qui coule au fond de chacun.

 

# Norge

 

Une folle en libertéUne folle en liberté, de Beate Grimsrud. Roman paru le 16 mai 2012 chez Actes Sud.  Traduit du Norvégien par Alex Fouillet. Titre original : En dåre fri. 448 pages. 24 €. ISBN : 978-2-330-00637-2.

Récit autobiographique saisissant. La voix d'Eli nous fait entrer dans l'intimité de son combat pour prendre le dessus sur la souffrance mentale et gérer les quatre garçons qui habitent à l'intérieur de sa tête. Une véritable plongée en apnée dans l'enfer de la schizophrénie, vécue par un écrivain androgyne.

« Il y a toujours de la raison derrière la confusion, il suffit d'écouter... », explique ici Eli, dans son espoir de prendre le dessus sur son désordre mental. Depuis son enfance, en effet, quatre garçons ont investi son cerveau et, de leurs voix singulières, lui dictent son comportement, l'apaisent autant qu'ils l'égarent, l'escortant dans les situations difficiles, l'accompagnant dans ses nombreux internements psychiatriques. Dans un ultime effort, Eli entame un travail thérapeutique de longue haleine ponctué de rechutes, dont l'issue reste incertaine... Avec une profonde générosité et un humour tendre, Beate Grimsrud dresse un tableau pénétrant de la psychose et de l'enfer de la schizophrénie au quotidien. Une folle en liberté constitue ainsi une opportunité unique de sonder un esprit dérangé et offre un aperçu saisissant des mécanismes qui peuvent faire basculer quelqu'un dans la folie.

> Bio. Née le 28 avril 1963 à Bærum, près d’Oslo et Installée à Stockholm depuis 1984, Beate Grimsrud, boxeuse et ancienne footballeuse professionnelle, écrit de la prose, des pièces de théâtre et des scénarios. Ses premiers écrits remontent à 1990, avec un recueil de nouvelles. Une folle en liberté a reçu le prix des Critiques lors de sa sortie en Norvège.

 

PotespourlaviePotes pour la vie, d’Ingvar Ambjørnsen. Parution en juin 2012 chez Gaïa. Roman traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud. Titre original : Brødre i blodet. 290 pages. 22 €.  ISBN: 978-2-84720-184-0.

Enfin ! Annoncé pour l’automne 2010 chez Gaïa, le second roman d’Ingvar Ambjørnsen, traduit en France après le cultissime Elling. Troisième volume de la tétralogie d’Ambjørnsen consacrée à Elling (le roman édité par Gaïa en 2008 était le second opus de la série, le premier n’ayant toujours pas eu les honneurs des traducteurs), ce roman a obtenu le Prix des libraires norvégiens lors de sa sortie en 1996… cela ne fait guère que six ans.

Elling et Kjell Bjarne se sont rencontrés au «  centre de cure et de convalescence  » de Brøynes — bref, un institut psychiatrique. Épaulés par Frank, leur tuteur, ils prennent un appartement en ville et luttent pour faire leur grand retour dans la société. Mais leur champ de bataille est vaste. Apprivoiser le téléphone demande de l’apprentissage, sortir de chez soi est un combat ! Tous les quinze jours, Frank vient s’assurer que tout se passe pour le mieux. L’occasion d’une virée en ville entre potes, cinéma, pizzeria. La belle vie !
Si Kjell Bjarne est un mufle qui ne pense qu’à la bouffe et aux filles, Elling est légèrement plus hyper nerveux. Les deux compères construisent un équilibre fragile : l’existence est effrayante, mais supportable, à petites doses.

Un récit tragi-comique sur le fait d’oser descendre dans la rue et se confronter à la vie du dehors.

> Bio. Voir la chronique d’Elling, paru en septembre 2008 : ICI

> En savoir plus. Il aura fallu s’armer de patience. Le livre devait sortir en octobre 2010. Lire la chronique sur le sujet : ICI

Paru en poche

EllingElling, d’Ingvar Ambjørnsen. Paru en juin 2012 chez Babel (n°1121). Titre original : Fugledansen. Traduit du Norvégien par Jean-Baptiste Coursaud. 352 pages. 8,50 €. ISBN : 978-2-84720-124-6.

A la mort de sa mère, Elling, la trentaine bien entamée, perd un peu les pédales. Monomaniaque, hystérique, atteint de délires obsessionnels, il est placé en institut psychiatrique et se retrouve à partager sa chambre avec un type simplet porté sur la bouffe et les filles. Le duo devient inséparable. Un roman à la fois hilarant et grave sur deux marginaux qui essaient de s'adapter.

Voir le livre (paru initialement chez Gaïa, le 10 septembre 2008) chroniqué ICI.

 

L'appel de la rivièreL'appel de la rivière de Ketil Bjørnstad, roman traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud. Paru le 12 mai 2010 chez LGF (Le livre de poche). 600 pages. 8,10 €. ISBN : 978-2-253-15813-4

Paru initialement en mai 2010 chez Jean-Claude Lattès. Voir ICI.

> Bio. Ketil Bjørnstad, qui est à la fois auteur, compositeur et musicien, a été découvert à 14 ans lorsqu’il a gagné le Grand concours des jeunes pianistes à Oslo. Sa trilogie consacrée au personnage d’Aksel Vinding, saluée par la critique norvégienne, connaît un vif succès en Europe, tout particulièrement au Danemark, en Allemagne et enfin en France où L’appel de la rivière est le second volet traduit, après La société des jeunes pianistes (paru en septembre 2006 chez Jean-Claude Lattès, ISBN : 2709627205).



# Suède

 

Les cruelles étoiles de la nuitLes cruelles étoiles de la nuit, de Kjell Eriksson, chez Gaïa (collection Polar). Roman policier traduit du suédois par Philippe Bouquet (titre original : Nattens grymma stjärnor). 384 pages. 23 €. ISBN : 978-2-84720-228-1.

Voici donc la cinquième enquête d’Anne Lindell. Un spécialiste de Pétrarque disparaît, deux agriculteurs sont assassinés. L'inspectrice Ann Lindell patauge. Jusqu’à ce qu'un parallèle audacieux soit dressé avec une célèbre partie d’échecs : un cavalier et deux pions attaquent la dame blanche. Si les pions sont deux paysans et le cavalier un professeur retraité, qui sera la dame blanche ?

Uppsala, automne 2004. Laura vient signaler la disparition de son père. Veuf, universitaire à la retraite spécialiste de Pétrarque, Ulrik était un véritable tyran domestique. Après une enfance douloureuse et solitaire, est-ce l’heure de la libération qui sonne pour Laura, à 35 ans ?

Dans un village voisin, un ancien agriculteur est retrouvé mort. Il a laissé une lettre d’adieu. Un suicide ? Ce n’est généralement pas le terme employé pour une mort causée par un violent coup porté à la tête…

Pour Ann Lindell, les mois et les années passent, Erik grandit. Un jeune collègue fraîchement débarqué à la Scientifique la drague gentiment, mais c’est Edvard qui continue de lui manquer. À sillonner les cours de ferme et les chemins parés de couleur or, on pourrait croire l’automne paisible. Pourtant, dans la campagne suédoise, il n’y a pas que les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle.

> Bio. Kjell Eriksson, de son vrai nom Karl Stig Kjell Eriksson, est né en 1953 à Uppsala (Suède). Employé dans l’aménagement paysager, des quelques courts textes qu’il écrit sur un journal syndical à un reportage qu'il réalise sur la vie d'agriculteur, il franchit le pas et troque le sécateur contre la plume. « Je suis entré dans le monde littéraire par la porte de derrière », confie-t-il, en juin dernier, dans une interview à Gaïa qui l’édite en France. Mais très vite, il laisse pousser ses idées et devient prolifique. Entre 1999 et 2009, il a ainsi écrit dix romans policiers, un documentaires et deux autres fictions. Il faut dire que ses débuts littéraires ont été encourageants. Dès 1999, il reçoit en effet le Prix du meilleur premier roman policier suédois et, dès son second, La terre peut bien se fissurer, son personnage principal prend l'épaisseur, la stature et la crédibilité des vrais héros de polars. En 2002, c'est le couronnement. Pour La Princesse du Burundi, Kjell Eriksson se voit décerner le Prix du meilleur roman policier suédois (Bästa svenska kriminalroman) de l’Académe suédoise d’auteurs de romans policiers. Sept de ses dix romans policiers ont été nominés à cette prestigieuse distinction. Après Le prix de l’engoulevent en 2010, Les cruelles étoiles de la nuit est son cinquième roman traduit chez Gaïa.

> En savoir plus. Interview de l’auteur sur le site de Gaïa : ICI

 

Trois singesTrois singes, de Stephan Mendel-Enk. Roman paru chez Grasset.  Traduit du suédois par Anna Gibson. Titre original : Tre apor. Paru le 2 mai 2012. 256 pages. 17 €. ISBN : 978-2-246-78399-2.

A Göteborg, l'enterrement de sa grand-mère est l'occasion pour Jacob de renouer avec la communauté juive et de se plonger dans l'histoire de sa famille. Premier roman.

Jacob est le petit-fils d'une famille juive installée à Göteborg. Peu pratiquant, il a pris ses distances avec sa communauté, mais revient, à l'occasion de l'enterrement de sa grand-mère, sur son enfance et les événements tragiques qui l'ont marquée.

Au fil des pages, il est question de tout ce qui touche cette communauté un peu à part, arrivée en Suède en passant par le Danemark, ses rites, ses espoirs, ses déconvenues, ses opinions sur la marche du monde.

On suit les aventures de Jacob, ce lycéen convoqué chez le rabbin et sur qui pèsent tant d'espoirs, on observe par le trou de la serrure cet univers si particulier. Confronté au drame de la séparation de ses parents, tandis que ceux-ci ne voient rien du terrible conflit de loyauté qui s'engage pour lui, étouffé par sa famille, ses grands-parents et sa mère qui prennent toute la place, Jacob s'absente, s'enfonce dans la torpeur, la passivité – un désespoir muet qui grandit à mesure qu'il voit son père se transformer en zombie…

> Bio. Stephan Mendel-Enk est né à Göteborg en 1974. Il a travaillé pour la presse écrite (au journal de foot Offside, puis au Dagens Nyheter) et à la radio (Sveriges Radio). Trois singes est son premier roman.

 

Oublier son passéOublier son passé, de Karin Alvtegen. Paru le 9 mai 2012 chez Jean-Claude Lattès. Roman policier traduit du suédois par Magdalena Jarvin. Titre original : En Sannolik Historia. 380 pages. 12,50 €. ISBN : 978-2-7096-3627-8.

Après avoir raté son suicide, Anders rencontre Helena qui ne se remet pas de son divorce. Ensemble ils vont tenter de prendre un nouveau départ.

Helena, Martin et leur fille Emilie ont choisi de quitter la vie survoltée de Stockholm pour accomplir leur rêve d'une vie simple à la campagne... Mais le trio éclate. Tandis qu'Helena, luttant contre la tristesse, ouvre une maison d'hôtes, Anders Strandberg, riche homme d'affaires rattrapé par la vacuité de son existence, est victime d'un accident de voiture. Il échoue par hasard dans l'hôtel d'Helena et décide de se faire passer pour un autre. L'heure est-elle venue, pour chacun d'eux, d'oublier enfin son passé ? Douée d'un sens aigu de la psychologie, l'auteur explore avec finesse et empathie les voies de la rédemption.

> Bio. Née le 8 juin 1965 à Huskvarna, en Suède, Karin Alvtegen est la petite-nièce d’Astrid Lindgren. Recherchée (Saknad), paru en 2000 (en 2003 chez Plon, en 2005 en  Points) a obtenu le Prix Clé de verre du meilleur roman policier scandinave en 2005.

Auteur de six romans, dont cinq ont été traduits en France, Karin Alvtegen est traduite dans une trentaine de pays.

 

Femme sur la plageFemmes sur la plage, de Tove Alsterdal. Roman policier paru chez Actes Sud (collection Actes noirs), le 9 mai 2012. Titre original : Kvinnorna på stranden. Traduit du suédois par Johanna Brock et Erwan Le Bihan. 320 pages. 22,80 €. ISBN : 978-2-330-00611-2.

Le destin de trois femmes, trois chemins de vie qui se croisent et mènent derrière les façades clinquantes des beaux quartiers, où l'être humain n'est qu'une marchandise.

A l'aube, Terese, une jeune Suédoise, se réveille sur une plage du Sud de l'Espagne. Elle descend vers la mer en chancelant et trébuche sur le cadavre échoué d'un Africain. A la faveur de la nuit, une femme débarque en cachette dans le port voisin. Elle est arrivée en bateau clandestinement et a été sauvée des vagues. Elle s'appelle Mary, mais plus pour très longtemps. A New York, Ally tente désespérément de joindre son mari, un journaliste célèbre qui travaille en free-lance. Il s'est rendu à Paris pour écrire un article sur l'esclavage moderne et le commerce d'êtres humains. Bravant sa claustrophobie, Ally s'envole pour l'Europe afin de retrouver le père de l'enfant qu'elle porte. A travers le douloureux destin de trois femmes, Tove Alsterdal interroge nos préjugés les plus ancrés et fouille les zones d'ombre d'une Europe prête à tous les marchandages. De Stockholm à Tarifa en passant par Paris, Prague et Lisbonne, elle signe un thriller troublant qui conjugue les verbes "acheter", "vendre" et "tuer" à tous les modes.

> Bio. Née le 28 décembre 1960 à Malmö, Tove Alsterdal est journaliste, dramaturge et scénariste. Femmes sur la plage est son premier roman. Paru en Suède en 2009, il a été suivi depuis de « I tystnaden begravd » (La tombe de silence), qui n’a pas encore été traduit en France. Tove Alsterdal vit aujourd’hui à Stockholm.

 

La SirèneLa sirène, de Camilla Läckberg. Roman policier paru chez Actes Sud (collection Actes noires) le 6 juin 2012. Traduit du suédois par Léna Grumbach. Titre original : Sjöjungfrun. 448 pages. 23,50 €. ISBN : 978-2-330-00892-5.

Nouvelle enquête d'Erica Falck. Enceinte de jumeaux, dans ce sixième volet de ses aventures, l’irrésistible enquêtrice mène des investigations autour d'un écrivain renommé qui reçoit d'inquiétantes lettres anonymes apparemment liées à la mystérieuse disparition d’un de ses amis.

> Bio. Née en 1974, Camilla Läckberg est l’auteur d’une série de romans mettant en scène le personnage d’Erica Falck et de son compagnon le commissaire Patrik Hedström.

L’intrigue se situe toujours à Fjällbacka, ancien port de pêche de la côte ouest en Suède, reconverti en station balnéaire, qui sous des apparences tranquilles cache de sordides relations humaines.

Après La Princesse des glaces (2008 ; Babel noir n° 61), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L’Oiseau de mauvais augure (2010) et L’Enfant allemand (2011), tous parus en “Actes noirs”, La Sirène est le sixième volet de la série.  
En 2011 a également paru en "Actes noirs" le roman policier Cyanure (hors série).

 

Le camionLe Camion (« Lastbilen », 1967) de Per Wahlöö, traduit du suédois par Philippe Bouquet. Paru le 2 mai 2012 chez Payot & Rivages (collection Rivages/Noir). 368 pages. 9,65 €. ISBN : 2-7436-2355-1.

Espagne, sous Franco. Willi Möhr, un peintre marginal, a fui l'Allemagne de l'est pour s'installer dans un village de pêcheurs où il cohabite avec un couple d'artistes scandinaves. Un jour, ces derniers ne reviennent pas d'une partie de pêche. Persuadé qu'ils ont été assassinés, Möhr sort de sa torpeur et de sa passivité morale. Mais dans cet univers étouffant, où les rapports humains ont été subtilement corrompus par la dictature, on ne parle guère et la police veille.

Voir le livre chroniqué ICI.

 

La princesse de glaceLa Princesse des glaces, de Camilla Läckberg. Traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain. Titre original : Isprinsessan. Paru en poche chez Babel (Babel noir n°61), en mai 2012. 512 pages. 9,50 €. ISBN : 978-2-330-00656-3.

Premier volume des aventures d'Erica Falck, La Princesse des glaces avait paru en mai 2008 chez Actes Sud.

Erica Falck, héroïne décalée et irrésistible, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, décoiffe la bonne société provinciale. Dans une petite ville tranquille de la côte suédoise, deux suicides – une jeune femme, puis un clochard peintre – s'avèrent être des assassinats dont la police a bien du mal à cerner les causes.

 

 

 

 

 

 


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